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Comment développer son réseau professionnel quand on est timide et débutant

Un profil LinkedIn bien fourni et un dossier d'immatriculation complet n'ont strictement rien à voir, et pourtant, quand on est timide et qu'on débute dans sa micro-entreprise, on finit toujours par confondre les deux. On me demande souvent comment développer un réseau professionnel sans savoir parler aux gens, comme si le carnet d'adresses était la première marche à franchir. Ce n'est pas la première marche. C'est même, la plupart du temps, la dernière chose qui a vraiment compté pour moi.

Quatre ans après avoir posé ma blouse d'usine pour lancer mon activité seule, je vois encore passer les mêmes messages paniqués : comment se faire des contacts, comment oser écrire à un inconnu, comment ne pas passer pour une amatrice au premier événement de réseautage local. Ces questions ne sont pas fausses. Elles arrivent juste trop tôt.

Le mythe qui bloque les timides avant même la micro-entreprise

Le mythe, c'est de croire qu'il faut être à l'aise en société pour exister professionnellement. J'ai englouti des heures à lire des fils de forum sur la micro-entreprise, où chaque réponse contredisait la précédente, en espérant y trouver la formule magique pour aborder les gens sans trembler. Ça n'a rien donné, à part une migraine et une douzaine d'onglets ouverts sur des avis qui ne s'accordaient jamais entre eux.

Avant de penser à qui suivre sur LinkedIn, il a fallu trancher entre les statuts juridiques, un arbitrage qui mérite un comparatif entier tellement il pèse sur la suite, et que je ne vais pas rouvrir ici. Le statut de micro-entrepreneur, l'immatriculation en ligne et le fameux code APE qu'on nous attribue sans grande explication, tout ça s'est réglé avant que j'aie eu le temps de chercher le moindre contact.

Gros plan d'une main hésitante sur une souris d'ordinateur, symbole de la timidité d'une micro-entrepreneuse débutante avant son premier message de réseautage

Le vrai blocage, c'est le réseau ou le formulaire ?

Le jour où j'ai composé le numéro de la CCI du Maine-et-Loire, rue Élisée-Reclus, en donnant le nom de ma propre entreprise à la personne au bout du fil, quelque chose a basculé. Ce nom n'était plus un mot posé sur une ligne de formulaire : il existait, quelqu'un venait de le répéter à voix haute, comme une évidence.

Un coup de fil administratif peut suffire à faire ce qu'une soirée entière de réseautage ne fait pas toujours.

Personne ne m'avait prévenue que la protection sociale d'indépendante se réglerait dans le même mois, presque en passant, alors que je la croyais réservée à un chapitre lointain. Le business plan que je redoutais, et l'étude de viabilité qui va avec, m'ont pris davantage de temps et d'attention que n'importe quelle rencontre professionnelle pensée pour « réseauter ».

Réglez d'abord ce qui dépend de vous seule

Les frais de création méritent qu'on les regarde de près avant de signer quoi que ce soit, un sujet en soi que d'autres pages traitent mieux que je ne pourrais le faire ici. Beaucoup négligent leur compte bancaire dédié à leur activité jusqu'au dernier moment, alors que l'ouvrir prend un après-midi, pas trois mois de préparation psychologique, et pourtant c'était la case que je redoutais le plus sur ma liste.

Ce sont des tâches solitaires, sans public, sans témoin : on les fait seule, le CGI ouvert dans un onglet, avec la sensation de relire la même ligne cinq fois sans en saisir le sens la première fois qu'on tombe sur un mot technique. J'ai raturé un formulaire trois fois de suite pour cette même raison, sans honte particulière : personne ne naît douée pour ce vocabulaire-là. Rien de tout ça n'a besoin d'un réseau. Ça a besoin de temps, et d'accepter de se sentir bête pendant un moment.

Le réseau ne se mesure pas en contacts

Une copine qui joue au tennis au club municipal de Cholet m'a un jour mise en relation avec quelqu'un qui cherchait exactement ce que je propose, pas parce qu'elle avait un carnet d'adresses professionnel épais, mais parce qu'elle en a parlé entre deux échanges de balles. Voilà à quoi ressemble un vrai réseau quand on est timide : pas un événement organisé, une conversation ordinaire où quelqu'un se souvient de vous au bon moment.

C'est aussi comme ça que j'ai fini par comprendre comment trouver mes premiers clients locaux à Angers sans avoir de réseau pro au départ. On ne les trouve pas dans un annuaire ou sur LinkedIn : on les trouve parce qu'une personne, un jour, a mentionné votre nom sans qu'on le lui ait demandé.

La règle qui a remplacé mes vieux réflexes

La règle est simple, même si elle n'a rien de spectaculaire : réglez d'abord ce qui ne dépend que de vous, statut, immatriculation, compte, business plan, et laissez le réseau se construire à côté, sans lui donner la priorité qu'on lui prête partout. Un contact utile n'a jamais remplacé un dossier complet.

Si vous êtes du genre à redouter le premier message à envoyer, commencez par autre chose : le formulaire qui vous attend depuis trois jours dans un onglet ouvert. Le réseau viendra après, presque sans qu'on le cherche, porté par les gens qui vous auront vue tenir bon sur le reste.

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